Le général-vicomte Bertrand-Pierre CASTEX

16/01/2017

Un Pavien sous l'Arc de Triomphe !

Né en 1771 dans notre bonne ville de Pavie, il est donc de 2 ans plus jeune que Napoléon Bonaparte qu’il accompagnera aux 4 coins de l’Europe pendant 20 ans. Il fait également partie de cette impressionnante « promotion » d’officiers gersois de la Révolution et de l’Empire qui avaient tous le même âge : Lannes, Dessoles, Lagrange, Espagne, et quelques autres.
Bertrand-Pierre Castex, qui porte un patronyme très répandu à Pavie, était le fils de Marianne Sémont et de Blaise Castex, un modeste aubergiste, et sa maison natale située au n° 2 de la place de la Liberté (derrière l’église) vient à peine de subir une reconstruction qui a fait disparaître sa façade vétuste.

Le père nous apparaît actif, débrouillard et non dépourvu d’ambition notamment pour son fils. Il l’expédia faire des études de droit à Toulouse, études que notre jeune Pavien interrompit pour répondre à l’élan révolutionnaire et pour s’engager dans les troupes républicaines un beau dimanche de 1792.
La spirale des guerres de la Révolution puis de l’Empire va dès lors l’emporter et sa carrière est marquée par de multiples campagnes : lieutenant à 24 ans, il est nommé capitaine en 1797, à 26 ans, pendant la campagne d’Italie, puis affecté en Espagne ce qui lui permet de venir visiter sa famille, en 1802, à Pavie.
On le retrouve en Hollande en 1803 et en Prusse en 1806 ; il se distingue à la bataille d’Iena et y gagne le grade de colonel. Eylau, Friedland sont de nouvelles occasions de s’illustrer, puis après un court répit, c’est la campagne d’Autriche au terme de laquelle il entre dans Vienne, avec l’avant-garde de l’armée, à la tête de son régiment de cavalerie.
Général de brigade en 1809, notre concitoyen qui porte désormais le titre de baron d’Empire (il deviendra vicomte en 1822) , trouve à peine le temps de se marier (en 1810), et les hostilités reprennent avec la campagne de Russie (1811). Après la phase des victoires où son régiment se distingua une nouvelle fois, ce fut la retraite désastreuse que l’on connaît et le passage de la Bérézina qui lui valut une blessure à la cuisse. Ecoutons le maréchal Oudinot s'adressant à l’Empereur : « Sire, je vous présente le général Castex qui compte autant de succès que de combats. »
Notre gascon, dont l’accent se remarque parfois par-dessus le vacarme des combats, devient général de division en 1813 et Napoléon le nomme major des grenadiers à cheval puis l’attache à sa personne.
Il fait la campagne de Belgique en 1814, est démobilisé après l’abdication de Napoléon, mais reprend le commandement d’une division de cavalerie pendant les cent jours.
Après Waterloo, il se retire dans les terres de Thanvillé, en Alsace, que lui avait apportées son riche mariage.
Pas pour longtemps !!
En effet, soit sur la pression de l’entourage de sa belle-famille conservatrice, soit parce que la nostalgie de ses 23 années de campagnes était trop forte, il accepte, en 1817 sous la Restauration, de reprendre du service. Il reçoit le commandement de diverses divisions de dragons jusqu’à la révolution de 1830 qui met définitivement fin à sa carrière militaire.
Il poursuivit néanmoins un carrière civile, comme député du Bas-Rhin jusqu’en 1833 et mourut à Strasbourg en 1842 après avoir eu 10 enfants de son union avec mademoiselle de Dartein.
Bertrand-Pierre Castex fut blessé à quatre reprises, en 1812, 1813 (deux fois), et 1814. En 1809, l’Empereur lui avait remis lui-même la croix de commandeur de la légion d’honneur.
Son nom figure parmi les « braves » (pour reprendre le vocabulaire de l’époque !), sur le pilier droit de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, à Paris.