Place de la Mairie - BP 70001 - 32550 PAVIE
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Histoire & Patrimoine

C'est en 1281, sous le règne de Philippe le Hardy (fils et successeur de Saint-Louis) que notre ville a pris naissance dans le cadre du grand et remarquable mouvement qui a vu la création de trés nombreuses bastides dans le grand sud-ouest de la France.

Elle a pris le nom de la ville italienne de PAVIE, ville florissante et célèbre à cette époque.

Si 1281 est la date officielle de création de PAVIE dans la forme que nous lui connaissons encore aujourd'hui, l'occupation humaine du site est trés ancienne comme en attestent divers matériels préhistoriques trouvés sur notre territoire.

L'image sereine que peut offrir aujourd'hui notre modeste bourgade est très trompeuse, surtout si l'on se réfère à l'histoire tumultueuse et dramatique des premiers siècles après la création de la cité.

La période gallo-romaine

Après la conquête des Gaules, la ville d’Auscii-Augustorum (Auch) remplace l’ancien oppidum de Climbéris et se développe sur la rive droite du Gers sur un périmètre qui va grossièrement depuis le site actuel de la caserne Espagne au nord, jusqu’au quartier du Garros au sud, avec des installations plus diffuses sur la riche plaine d’en Jalis qui s’étend dans la large courbe du Gers à cheval sur les territoires actuels d’Auch et de Pavie.

Outre diverses « maisons de campagne » aménagées par les notables auscitains, on attribuerait à un vétéran des légions romaines la création d’une « villa » au lieu-dit « les tombeaux » (rive droite, au croisement des routes de Pessan et de Peyloubère).

Son nom, Spartiacus, déformé en Sparsac puis Esparsac va constituer la dénomination de notre territoire jusqu’à la création de la bastide, à la fin du XIIIe siècle.

Le Haut Moyen Age

Si le Ve siècle a permis, sous la vigoureuse férule des Wisigoths, de maintenir l’organisation administrative des Romains et une relative prospérité, l’empire romain s’effondre sous les Francs. Sur les ruines des anciennes « villae » et autour des sites fortifiés se fixent de nombreuses poches de peuplement.

Au cours des siècles suivants du haut Moyen-Âge, se développent ainsi des seigneuries qui se partagent le terroir du futur Pavie : Florian, Saint-Christaud, Besmaux, Es Vives, Barriac, La Grange, Marseillan et Nénous (en limite d’Auterrive) …
La plupart de ses seigneuries disposent de leur propre église. C’est le cas d’Esparsac dont l’église, dédiée à Saint-Pierre, existe depuis 1060 au moins, puisqu’elle fait l’objet, à cette date, d’un acte de donation d’Hugues de Sparsac en faveur de la puissante abbaye de Pessan.

Le 13e Siècle

Le XIIIe siècle : La fondation de Pavie.

Dès le début du XIIe siècle, l’ordre de Cîteaux va lancer, avec une vigueur extraordinaire, la vague déferlante des constructions d’abbayes nouvelles en France et dans une partie de l’Europe : l’Escaladieu, Berdoues, Flaran, Planselve (Gimont)… sont des maillons locaux de cette « multinationale » avant la lettre, vecteur puissant et efficace d’une foi chrétienne dépouillée mais aussi d’une expansion économique basée sur une organisation territoriale décentralisée ainsi que sur la conquête et la mise en valeur de nouveaux espaces agricoles .

En 1151, Esparsac ainsi que son exploitation agricole de la Grange située près du Sousson, sont cédées par Pessan à l’abbaye de Berdoues et, peu à peu, de nombreux dons et achats viennent grossir le patrimoine de la future bastide qui est finalement fondée le 26 Mai 1281 par le comte Bernard IV d’Astarac et l’abbé Hugues de Cadeux, prieur de l’abbaye de Berdoues.

La charte et les documents écrits à l’occasion de cette signature (privilèges, fiscalité, autonomie…) marquent l’importance considérable de l’évolution des mœurs qui accompagne la fondation et qui constitue une véritable révolution économique et sociale pacifique.

Le 14e Siècle

Le XIVe siècle : l’épanouissement.

L’apogée de notre bastide va se situer dès le XIVe siècle, dans l’élan qui suit sa création et ce, malgré les difficultés diverses, les jalousies et les affrontements sanglants qui sont intervenus entre Pavie, possession du comte d’Astarac, soutenu par le roi de France, et Auch, possession du comte d’Armagnac, qui avait choisi le camp du roi d’Angleterre.

Les arbitrages rendus par le roi de France sont souvent en faveur de Pavie et le comte d’Armagnac, sanctionné, passe
deux années emprisonné à Péronne, en Picardie.
Pendant ce siècle, Pavie se structure, prend le contrôle de toutes les terres jusqu’aux portes d’Auch, voit sa population atteindre 1 300 habitants (pour 1 500 seulement à Auch).
Moins de trente ans après sa création, en 1308, une bulle du pape Clément V autorise la création du couvent des Carmes dont nous restent aujourd’hui, en plein centre bourg, la chapelle ainsi que deux arcs ogivaux de sa salle capitulaire.

Avec l’église actuelle dont une partie est très ancienne, avec le pont du XIIIe siècle, classé monument historique, avec encore quelques rares maisons, cette chapelle des Carmes constitue un témoignage impressionnant de la fondation de notre ville et nous aide à évoquer et à comprendre, par-dessus sept siècles d’histoire, ce que fut la vie de nos aïeux.

Le 15e Siècle

Le XVe siècle : l'anéantissement.

Dans la période finale de la guerre de cent ans, notre région est ravagée par des troupes de brigands (les « routiers ») issues des armées de mercenaires désormais sans emploi.
L’une de ces troupes, particulièrement active, est commandée par un espagnol, Rodrigo de Villandrando. Son repaire ? La ville de Pavie !! Protégée par ses hautes murailles, ses fossés et ses tours de guet, la population ayant été mise sous coupe réglée, voici notre belle bastide transformée en base fortifiée d’où les brigands lancent leurs expéditions meurtrières !

En 1439, le roi Charles VII vient à Toulouse et décide de mettre fin à ces agissements. Il expédie une troupe nombreuse qui assiège Pavie, finit par l’investir et passe au fil de l’épée tous les brigands jusqu’au dernier ! Le massacre final se déroule dans la rue de Fabas devenue depuis rue du sang !

Pour parfaire le travail, en 1444, le roi dépêche une nouvelle troupe : nouveaux combats, nouveau massacre ; les murailles sont abattues, quelques maisons également et on imagine sans peine que les troupes du comte d’Armagnac qui accompagnaient la troupe royale n’ont pas manqué de zèle pour achever une ville qui rivalisait avec Auch depuis plus de 150 ans !
En même temps, Pavie se voit priver de tous les privilèges de bastide qui avait favorisé son essor.
La ville est donc anéantie, physiquement et dans ses moyens économiques. Auch et Mirande tireront grand profit de cet écrasement. 

Le 17e Siècle

Le XVIIe siècle : une timide renaissance

Après la fin de la guerre de cent ans (1451), les comtes d’Armagnac et d’Astarac désormais rassemblés sous la bannière du roi de France ont abandonné la lutte armée qui les a si longtemps opposés, mais Pavie est maintenue pendant plus d’un siècle dans un état d’abandon.

Néanmoins après l’édit de Nantes (1598), les paviens reprennent la construction des murailles dont une partie est achevée en1605, notamment la guérite de la rue des Carmes. En 1621, murailles et fossés sont achevés. Le comte d’Astarac, Henri II, en l’hôtel de ville, devant toute la « saine partie de la population », soit une trentaine de personnes (!) et les quatre consuls en exercice (Dousset, Labadens, Lespinasse, Duffac) rétablit les privilèges et les coutumes passées qui vont permettre à la ville de s’élancer vers un nouvel essor.

Mais, l’estimation des « saines » personnes permet d’évaluer à une centaine d’habitants la population totale de la ville et de mesurer, 177 ans après, l’ampleur des dégats causés par les tragiques évènements de 1439 et de 1444 !

La Peste de 1630

En 1629, Auch est ravagée par l’épidémie de peste qui affecte la France entière.

Le mal est fulgurant et on enregistre 3 500 victimes en l’espace de 3 mois ! Les Les morts s’accumulent, les fossoyeurs disparaissent à leur tour, chaque famille doit enterrer les siens dans sa propre maison, et on exile les malades dans des cabanes de fortune construites hors des murs de la ville où ils n’ont d’autre ressource que d’attendre la mort qui les délivrera !

La population désespérée multiplie les supplications à la chapelle vouée à la madone du Cédon (statue du XIIIe siècle aujourd’hui classée à l’inventaire national des objets historiques). Une grande procession est organisée le 25 mars 1630, à laquelle la population croit devoir lier la régression de la peste constatée peu après. Aussi, le 25 mars de chaque année, cet événement fait l’objet d’un vœu commémoratif.

Le 18e Siècle

Le XVIIIe Siècle : La construction de la route d'Auch aux Pyrénées

On n’ignore pas que c’est l’intendant d’Etigny qui décida la réalisation, à partir de 1755, de la route reliant Auch aux Pyrénées par Pavie, Seissan, Masseube, Castelnau-Magnoac,et jusqu’à Arreau.

Aujourd’hui RD 929, il l’appela route royale d’Auch à la montagne et ce projet considérable marquait sa volonté d’améliorer les communications et de favoriser les échanges économiques de la Gascogne avec les régions voisines.
Bien entendu, ce projet n’a pas été sans conséquences pour la population de Pavie, mise à contribution sous diverses formes.
En ce qui concerne le tracé, on observe qu’il a été fait le choix de délaisser la rue principale du village (c’était alors la rue de Marrast) peut-être pour éviter la destruction de la porte de Jalis et de la porte Dessus, trop étroites, qui fermaient cette voie. Le même choix a manifestement été fait pour Masseube.

Ainsi, il fallut percer les murailles d’enceinte et abattre les constructions qui s’y appuyaient certainement.
Ensuite la population, à la demande de d’Etigny, dut consentir de nombreuses corvées pour réaliser la plateforme et les consuls firent construire un pont en bois sur le Cédon. Ce pont fut abîmé et, en 1760, l’intendant exigea sa réparation ainsi que la construction d’un ouvrage définitif, que nos édiles de l’époque refusaient fermement de financer ! Finalement, après forces palabres et récriminations, les consuls, contraints et forcés, engagèrent, en 1763, la construction du pont en pierres que nous continuons à emprunter de nos jours quand nous allons vers le sud de notre département, et vers cette montagne que l’intendant d’Etigny avait voulue plus proche.
C’est donc à cette période que les entrées du village ont pris la forme qu’on leur connaît aujourd’hui.

La Révolution de 1789


Les 19e et 20e Siècles


Petite énigme (ou canular !)

Pour certains le blason de Pavie serait : D'azur aux trois pêches d'or, tigées et feuillées de même ! 

Ni énigme, ni canular mais une explication fournie par un eminent héraldiste qui nous signale que ce logo a totalement été inventé par Charles d'Hozier en vertu de l'édit de 1696 qui recherchait à l'époque à taxer (déjà) les armoiries pour faire rentrer des recettes pour le royaume.

La relation entre les pêches et Pavie n'est pas prouvée !
Faisons donc honneur à notre blason authentique.

1er et 4e d'or aux 3 pals de gueule réunis en chef par une traverse de même, au 2e et 3e d'or aux deux vaches de gueule accornées et clarinées d'azur, fiché en pointe.

Petit glossaire héraldique :

  • Pal : - Pièce placée au milieu de l'écu et délimitée par deux lignes verticales parallèles.

  • Chef : - Pièce délimitée par un trait horizontal et qui occupe la partie supérieure de l'écu (hauteur = 1/3 de la largeur de l'écu).

  • Or : - Émail de couleur jaune, ou, plus rarement, dorée.

  • Pointe : - Nom de la partie inférieure de l'écu.

  • Traverse : - Nom de la barre lorsqu'elle est diminuée de largeur.

  • Gueules : - Nom de l'émail de couleur rouge.

  • Accorné : - Qualifie un animal dont les cornes sont d'un émail différent de celui de la tête.

  • Clariné : - Qualifie les animaux, principalement la vache, portant au cou une clochette d'un émail particulier.

  • Azur : - Émail de couleur bleue (couleur).

Site Internet du Comité de jumelage : www.pavie-villanueva.com

Site Internet de la mairie de Villanueva de Gallego :  www.villanuevadegallego.org